Arnaud Beltrame converti : ce que révèle Le Figaro sur son itinéraire spirituel

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À la veille du procès en appel des attentats de Trèbes et Carcassonne, Le Figaro publie un récit détaillé de la conversion d’Arnaud Beltrame au catholicisme. Un itinéraire spirituel long et sincère, qui éclaire d’un jour nouveau le sacrifice du 24 mars 2018.

Un article du Figaro à l’ouverture du procès en appel

Le journaliste Eloi Passot signe dans Le Figaro du 13 septembre 2026 un long récit consacré au cheminement religieux du colonel Arnaud Beltrame. Cette publication intervient à un moment précis : le procès en appel des attentats de Trèbes et de Carcassonne s’ouvre le lundi 14 septembre 2026. C’est au cours de cette attaque terroriste, le 24 mars 2018, qu’Arnaud Beltrame avait trouvé la mort après s’être substitué à une otage dans un supermarché de Trèbes.

L’article s’appuie notamment sur le témoignage d’un chanoine de l’abbaye de Lagrasse, le Père Jean-Baptiste, qui a bien connu l’officier de gendarmerie dans les dernières années de sa vie, ainsi que sur des extraits de ses carnets personnels.

Un cheminement spirituel qui commence loin de l’Église

Le Figaro rappelle un fait souvent méconnu : Arnaud Beltrame n’a pas reçu d’éducation religieuse. Né et élevé à Étampes, dans l’Essonne, au sein d’une famille aux racines bretonnes, il se tourne d’abord, à l’adolescence, vers l’imaginaire celte et breton. Adulte, sa quête de sens le conduit à explorer de multiples voies spirituelles : druidisme, chamanisme, reiki, alchimie, géobiologie, shiatsu.

C’est à la fin des années 1990 qu’il entame un cheminement plus affirmé vers l’Église catholique, sous l’influence notamment de Tom, un instructeur commando parachutiste devenu son ami proche, lui-même converti au contact de l’abbaye bénédictine du Barroux.

Catéchuménat, sacrements et dévotion à saint Michel

Affecté à la tête de la compagnie de gendarmerie d’Avranches entre 2000 et 2004, non loin du Mont-Saint-Michel, Arnaud Beltrame développe une dévotion particulière pour l’archange protecteur de la France, un attachement qu’il gardera jusqu’à ses derniers instants, comme le rappelle sa déclaration d’intention rédigée deux jours avant l’attentat.

En 2009, au terme de deux années de catéchuménat à Rueil-Malmaison, il reçoit sa première communion et sa confirmation à Nanterre. Le Figaro cite une phrase de ses carnets, datée de janvier 2010, qui résume tout l’engagement de cette période : « Je ne peux pas être moine, mais je peux faire naître la lumière du Christ dans ma vie d’homme, d’officier de gendarmerie. »

Franc-maçonnerie et foi catholique, une double appartenance

L’article du Figaro documente avec précision un aspect déjà abordé sur ce site : l’appartenance d’Arnaud Beltrame à la Grande Loge de France. Initié en 2008 au sein de la Respectable Loge Jérôme Bonaparte à l’Orient de Rueil-Nanterre, il y reste fidèle après sa mutation à Tarbes, rencontrant ses frères environ quatre fois par an jusqu’à sa mort.

Cette double appartenance, maçonnique et catholique, pose une difficulté que Le Figaro ne masque pas : l’Église catholique condamne la franc-maçonnerie et interdit en principe cette double adhésion. Les écrits personnels d’Arnaud Beltrame, cités dans l’article, témoignent pourtant d’une ferveur catholique sincère, comme cette prière de janvier 2009 : « Seigneur, je vous demande à être illuminé enfin totalement afin de savoir qui je suis et où aller pour l’ordre divin… »

Une foi éprouvée par un itinéraire conjugal difficile

Le récit du Figaro montre aussi combien la foi catholique a accompagné Arnaud Beltrame dans les épreuves de sa vie personnelle. Marié une première fois en 2001, divorcé en 2008, il traverse ensuite plusieurs années d’incertitude, aggravées par son échec au concours de l’École de guerre en 2015.

Sa rencontre avec Marielle, elle-même convertie, change la donne. Le mariage civil est célébré en 2016, mais le mariage religieux doit attendre la reconnaissance de nullité canonique de sa première union — prononcée le 17 février 2018, tout juste un mois avant l’attentat. La bénédiction apostolique du pape François parvient aux fiancés le 6 mars 2018 ; la cérémonie religieuse, prévue le 9 juin, n’aura jamais lieu.

Les derniers instants, entre prière et sacrifice

L’article rappelle un élément central du récit du 24 mars 2018 : les gendarmes présents sur place, grâce aux micros installés sur la porte, ont entendu Arnaud Beltrame réciter un Notre Père et des Je vous salue Marie pendant que l’assaillant scandait ses sourates. Une médaille miraculeuse de la rue du Bac, lieu d’apparition de la Vierge Marie auquel il était attaché, était fixée à ses pansements à l’hôpital, où il a reçu les derniers sacrements quelques heures avant sa mort.

Vers une reconnaissance par l’Église ?

Huit ans après son sacrifice, Le Figaro note qu’aucune démarche de canonisation n’a été officiellement engagée par l’Église, qui reste prudente — et pour laquelle l’appartenance maçonnique d’Arnaud Beltrame constituerait une difficulté supplémentaire. L’article rappelle toutefois l’existence, depuis le Motu proprio du pape François du 11 juillet 2017, d’une voie de reconnaissance pour l’« offrande héroïque de la vie », distincte du martyre traditionnel.

Le Père Jean-Baptiste interrogé par Le Figaro témoigne recevoir régulièrement des récits de conversion inspirés par la figure d’Arnaud Beltrame — dont ceux, déjà publics, de Julie, l’otage qu’il a sauvée, et d’Henri d’Anselme, le « héros au sac à dos » de l’attaque d’Annecy.

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