Comme Arnaud Beltrame, la France a toujours eu des héros qui se sont levés

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Le 23 mars 2018, au Super U de Trèbes, un homme se revendiquant de l’État islamique retient en otage une Julie, après avoir tué deux personnes dans le magasin. Arrivé sur les lieux avec les gendarmes du PSIG, le colonel Arnaud Beltrame, numéro 3 de la gendarmerie départementale de l’Aude, propose alors d’échanger sa place contre celle de la jeune femme.

Le terroriste accepte. Le colonel retire son ceinturon et son arme avant d’entrer dans la salle des coffres où il se retrouve seul avec l’assaillant. Julie est libérée. Mais que s’est-il passé ensuite ?

Trois heures de huis clos

S’ensuit un face-à-face de près de trois heures, sans contact avec l’extérieur. Vers 14h00, le GIGN prend le contrôle du dispositif. Peu après, un négociateur parvient à joindre le colonel par téléphone : celui-ci confirme la présence de deux armes chargées face à lui. Le terroriste réclame en échange la libération d’un détenu impliqué dans les attentats du 13-Novembre.

Les tentatives de désamorçage échouent. L’assaut est donné à 14h25 et dure plus de huit minutes, ralenti par la configuration des lieux.

Mort en héros

Grièvement blessé — par balle et par arme blanche — le colonel Beltrame reçoit l’extrême-onction le soir même à l’hôpital de Carcassonne. Il décède quelques heures plus tard, des suites de ses blessures. Mais il a tué le terroriste et accompli son devoir.

Comme le résume l’avocat Thibault de Montbrial dans un hommage récent : « La France a toujours eu dans son histoire des héros qui se sont levés. Arnaud Beltrame en fait partie. » Un acte volontaire, au péril de sa propre vie, pour sauver celle d’une inconnue — c’est cette substitution qui a fait de son nom un symbole du courage et du sens du sacrifice au sein des forces de l’ordre françaises.

« La France a toujours eu des héros qui se sont levés » – une lignée, pas une exception

La phrase de Thibault de Montbrial n’est pas une formule de circonstance : elle inscrit le geste du colonel Beltrame dans une continuité qui traverse l’histoire de France. Deux figures reviennent souvent en écho.

Bertrand du Guesclin (v.1320–1380), connétable de France sous Charles V, incarnait déjà cette idée : un homme de guerre dont la loyauté et le sens du devoir passaient avant toute ambition personnelle, au service du royaume plutôt que de lui-même.

Pierre Terrail, seigneur de Bayard (v.1476–1524), resté dans l’histoire comme le « chevalier sans peur et sans reproche », a payé de sa vie, lors des guerres d’Italie, un engagement où l’honneur et la protection des siens primaient sur l’instinct de survie — la même équation, au fond, que celle du Super U de Trèbes en 2018.

Ce qui relie ces figures à Arnaud Beltrame n’est pas l’époque ni les armes, mais un même choix : celui de se mettre soi-même en danger pour qu’un autre ne le soit plus. Le colonel n’était ni un chevalier ni un personnage de légende — c’était un officier de gendarmerie ordinaire, confronté à une décision extraordinaire, et qui l’a prise en quelques secondes.

C’est là le message d’espoir que porte cette lignée : l’héroïsme n’est pas un attribut réservé à une élite ou à un autre temps. Il ressurgit, imprévisible, chez des hommes et des femmes ordinaires placés devant un choix impossible — et la France, à chaque génération, en a trouvé qui se sont levés.

Qui est Thibault de Montbrial ?

Thibault de Montbrial est un avocat pénaliste parisien, avocat de la famille Beltrame — il représente notamment la mère et les frères du colonel — dans le procès de l’attentat de Trèbes.

Né le 1ᵉʳ septembre 1968, ancien parachutiste (chef de groupe de combat au 6ᵉ RPIMa) avant de devenir avocat, il prête serment au barreau de Paris en janvier 1995 et fonde son propre cabinet en 1998, spécialisé en droit pénal, défense et sécurité intérieure.

Au-delà du barreau, il préside le CRSI (Centre de Réflexion sur la Sécurité Intérieure) et a cofondé le CAT (Centre d’Analyse du Terrorisme). Il est également l’auteur de trois essais sur la sécurité et l’autorité de l’État : Le sursaut ou le chaos (2015), Osons l’autorité (2020) et France : le choc ou la chute (2025).

C’est à ce double titre, avocat de partie civile de la famille et voix reconnue sur les questions de sécurité et de terrorisme, qu’il s’exprime régulièrement sur la mémoire du colonel Beltrame.

🔗 Site du cabinet : montbrial-ragot-cailliez-avocats.fr

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