Procès en appel des attentats de Trèbes et Carcassonne : ce qui s’ouvre ce 14 septembre 2026

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Procès juridique

Six ans et demi après l’attentat du 23 mars 2018 qui a coûté la vie au colonel Arnaud Beltrame et à trois autres victimes, le procès en appel s’ouvre ce lundi 14 septembre à Paris. Trois des personnes jugées en première instance en 2024 comparaissent à nouveau, jusqu’au 9 octobre 2026.

Une nouvelle étape judiciaire, six ans après les faits

Le 23 mars 2018, Radouane Lakdim, un jeune homme radicalisé de Carcassonne se réclamant de l’État islamique, avait tué quatre personnes et en avait blessé quinze autres au cours d’une double attaque : un tir sur un véhicule à Carcassonne, puis une prise d’otages meurtrière au Super U de Trèbes. Jean Mazières, Christian Medvès et Hervé Sosna avaient été abattus, avant que le colonel Arnaud Beltrame ne soit mortellement blessé après s’être substitué à une otage. Le terroriste avait été tué par le GIGN au terme de l’assaut. Malgré les audiences et réquisitoires, les peines avaient été extrêmement légères. La famille du colonel Beltrame avaient réagi dans ce sens.

Retrouvez l’ensemble de nos articles consacrés aux différentes étapes judiciaires de cette affaire dans notre rubrique dédiée au procès.

Rappel des échéances précédentes

  • Février 2024 : premier procès devant la cour d’assises spéciale de Paris. Sept personnes comparaissent — cinq pour association de malfaiteurs terroriste, deux pour des délits connexes. L’enquête avait établi que Radouane Lakdim avait agi seul, aucun accusé n’étant poursuivi pour complicité directe de l’attentat.
  • Verdict de première instance : quatre des sept accusés sont acquittés. Marine Pequignot, l’ancienne compagne radicalisée de l’assaillant, est condamnée à cinq ans de prison dont deux avec sursis pour association de malfaiteurs terroriste — très en deçà des onze ans requis par le parquet national antiterroriste (Pnat). Samir Manaa, qui avait accompagné Lakdim lors de l’achat du couteau utilisé pendant l’attaque, est acquitté du chef terroriste mais condamné à trois ans de prison pour détention et transport d’armes, quand dix ans avaient été requis contre lui. Baghdad Haddaoui, présenté comme un ami de l’assaillant, est condamné à trois ans de prison dont deux avec sursis pour non-dénonciation de crime terroriste.
  • Appels : jugeant ces peines trop clémentes, le Pnat fait appel des condamnations de Marine Pequignot et Samir Manaa. Baghdad Haddaoui, qui a toujours clamé son innocence, fait lui-même appel de sa condamnation.

Retrouvez le détail de ces échéances — réquisitions, plaidoiries, témoignages des parties civiles — dans notre rubrique Procès.

Trois accusés, un mois d’audience

Le procès en appel s’ouvre ce lundi 14 septembre 2026 et se poursuivra jusqu’au 9 octobre, devant la cour d’assises spéciale de Paris — une formation composée uniquement de magistrats professionnels, sans jurés populaires, comme c’est la règle en matière terroriste. Trois personnes sont rejugées :

  • Marine Pequignot, 24 ans au moment des faits, ancienne compagne radicalisée de Radouane Lakdim, jugée pour association de malfaiteurs terroriste ;
  • Samir Manaa, poursuivi pour les mêmes faits, après avoir accompagné l’assaillant dans l’achat de son arme ;
  • Baghdad Haddaoui, poursuivi pour non-dénonciation de crime terroriste.

La qualification d’« association de malfaiteurs terroriste » retenue contre Marine Pequignot et Samir Manaa reste, comme en première instance, au cœur des débats.

Le témoignage de la partie civile

Interrogé par France 3 Occitanie à la veille de l’ouverture des débats, Mathieu Montfort, avocat de Marielle Beltrame, veuve du colonel Beltrame, replace ce nouveau procès dans le temps long du deuil : « Lors du premier procès, il y avait tous les accusés, on attendait de voir la position de chacun. En appel, c’est différent, le nombre d’accusés est restreint. Évidemment elle appréhende parce que c’est une étape supplémentaire de son processus de deuil. […] Elle attend que la justice passe pour pouvoir continuer à avancer, tout simplement. »

Ce qu’il faut retenir

Ce procès en appel ne rejuge pas l’ensemble des accusés du premier procès : seuls les trois pourvois en appel, celui du parquet contre deux condamnés, et celui d’un accusé contestant sa propre condamnation, sont examinés. Il se tient un mois durant, du 14 septembre au 9 octobre 2026, au palais de justice de Paris. Ce site suivra les audiences et publiera les comptes rendus au fil du procès dans sa rubrique Procès.

Pour aller plus loin sur ce site

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